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Marylin Monroe

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Collection by
Gianluca Cò

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1962 / "MARILYN AND ME", LAWRENCE SCHILLER / En posant nue dans la piscine de "Something's Got to Give" , son dernier film inachevé, la star platine rendit célèbre le jeune Larry SCHILLER. Rencontre et souvenirs à l'occasion de l'anniversaire de sa mort, le 5 août 1962.  Photographe, cinéaste, producteur, écrivain, conteur de la mémoire du cinéma, Larry SCHILLER est aujourd'hui un vieux pro de Hollywood. Cet homme rond, assuré et très direct, parle sans les embellir de ses deux rencontres succes Joe Dimaggio, Marilyn Monroe Photos, Marylin Monroe, Richard Avedon, Classic Hollywood, Old Hollywood, Celebrity Updates, Paris Match, Norma Jeane
Image - 1962 / "MARILYN AND ME", LAWRENCE SCHILLER / En posant nue dans la piscine de "Something's Got to Give" , son dernier film inachevé, la star platine rendit célèbre le jeune Larry SCHILLER. Rencontre et souvenirs à l'occasion de l'anniversaire de sa mort, le 5 août 1962. Photographe, cinéaste, producteur, écrivain, conteur de la mémoire du cinéma, Larry SCHILLER est aujourd'hui un vieux pro de Hollywood. Cet homme rond, assuré et très direct, parle sans les embellir de ses deux rencontres successives avec Marilyn, blonde icône, vulnérable mais aussi volontaire et tenace. Ses photos d'elle nue sortant de la piscine de son tout dernier film sont devenues légendaires. / Retour sur images. / LE FIGARO. - Comment êtes-vous devenu le dernier photographe de Marilyn ? / Larry SCHILLER. - J'étais un jeune photographe fougueux, une boule d'énergie, faisant plein d'erreurs. Je suis né en 1936 à New York, dans le quartier de Brooklyn, mais j'ai grandi à San Diego, en Californie. J'étais photographe car j'avais toujours eu du mal à lire et écrire. J'étais dyslexique. Je suis allé à l'université, mais juste dans les stades pour photographier les sportifs et dans les vestiaires pour photographier les filles ! J'ai fait le portrait de «la fille la mieux habillée d'Amérique» pour "Glamour Magazine", ce genre de trucs que faisaient les jeunes photographes. J'ai vu à cette époque un portrait de Marilyn MONROE en couverture de "Time Magazine". Je me suis dit : «Qui sait ? Peut-être un jour...» Et j'ai continué mon chemin, "The New York Times", "Paris Match", "Life Magazine". En 1960, à 23 ans, je me suis marié en janvier. Trois mois plus tard, "Look Magazine" m'a demandé : «Aimeriez-vous photographier Marilyn MONROE ?» C'était une porte ouverte sur le tournage de "Let's Make Love" ("Le Milliardaire"), de George CUKOR, avec Yves MONTAND. Un rêve ou un cauchemar ? Nous étions trois photographes accrédités sur le plateau de la 20th Century Fox. MONTAND était fantastique, il me renvoyait au Maurice CHEVALIER de mon enfance ! J'ai découvert là qu'il était marié à Simone SIGNORET, grande actrice. J'avais déjà photographié Bette DAVIS, femme géniale devant un objectif, belle ou laide à volonté. Un jour de pose, en plein nouveau divorce, elle s'était assise sur les marches de sa maison et m'avait prévenu : «Larry, vous commencerez à vivre votre vie lorsque vous aurez divorcé deux fois !» J'aimais ces fortes femmes de la pellicule. J'aurais voulu photographier Simone SIGNORET et Anna MAGNANI. Le sort a voulu qu'on m'envoie faire Marilyn MONROE. Première impression ? Marilyn est passée devant moi en justaucorps et bas noirs, prête pour son numéro de danse, m'ignorant superbement. Son agent m'a présenté: «Larry de Look Magazine». Elle s'est éclairée comme un arbre de Noël, pas à cause de moi, à cause de mon journal. «I am Marilyn», m'a-t-elle dit. En fait, j'étais terrorisé. Ce n'était pas mon histoire. Mes confrères étaient bien meilleurs que moi. La peur me faisait dire n'importe quoi. J'ai répondu du tac au tac : «Je suis le grand méchant loup.» Elle a rectifié : «Vous allez l'air trop jeune pour être si méchant !» J'essayais de défendre mes 23 ans et ma jeune carrière. Elle a énuméré tous les films qu'elle avait déjà faits, elle, à 23 ans. Elle avait 33 ans. Sa beauté vous a-t-elle subjugué ? Je n'ai pas pensé qu'elle était belle. La beauté n'est pas mon angle d'attaque ni ma préoccupation en tant que photographe. J'ai pensé que je devais la conquérir. Comme l'Everest. Marilyn est montée dans son dressing room, m'a fait signe de la suivre. Je n'osais pas entrer, je faisais des photos depuis le seuil en me servant du reflet de son miroir. Elle m'a dit : «Vous ne ferez rien de bon comme ça, la lumière n'est pas bonne, je ne vais pas autoriser la publication de ces photos-là. Mettez-vous là, cela marchera mieux.» Je lui ai obéi comme un toutou. Elle a pris spontanément la pose et, en un instant, elle est devenue l'image de l'amour, de la tendresse, du sexe. Elle est devenue ­Marilyn MONROE. Avec le recul, comment jugez-vous cette première rencontre ? J'ai compris là qu'elle en savait plus sur l'art de photographier Marilyn que moi, pourtant photographe professionnel depuis mes 15 ans. Elle savait exactement quoi faire, n'avait rien à apprendre de personne. J'ai vérifié par la suite qu'elle pouvait devenir ce qu'elle choisissait d'être - n'importe qui - en face d'un objectif. Ce qu'elle a fait avec Milton GREENE est complètement différent de ce qu'elle a fait avec Richard AVEDON ou Arnold NEWMAN. C'est André DE DIENES, rencontré en 1945, qui a transformé Norma Jeane en Marilyn MONROE. Il en est l'inventeur, auquel tous les photographes de Marilyn devraient rendre hommage. Bert STERN, lors de la fameuse séance au Bel Air Hotel en 1962, n'a eu qu'à fermer la porte, lui donner un voile, mettre de la musique et servir le Dom Pérignon ! C'est Marilyn qui faisait toujours la photo, toute seule. Avec ses cheveux platine, l'échancrure d'un peignoir, un sourire qui jaillit, une lumière qui la glorifie. Sur le tournage de "Let's Make Love", elle savait que j'étais là, parlait avec MONTAND comme si je n'existais pas et instinctivement composait l'image voulue. Le menton dans la main droite, la belle éclipsait le cavalier contre lequel elle se nichait et roucoulait. J'ai compris qu'il fallait juste que j'intègre son univers pour être là au bon moment, avec le bon appareil, le bon objectif. Plus volontaire que belle ? Exactement. Sa volonté d'être spéciale la rendait plus spéciale que sa stricte beauté, la forme de son visage ou les courbes de son corps. Elle était attentive à tout. En trois jours de plateau, elle a été la seule à avoir jamais remarqué que je ne fermais pas l'œil gauche pour faire le point avec le droit, comme tous les photographes. Elle m'a demandé pourquoi. Je lui ai dit que j'avais perdu la vision de l'œil gauche, enfant. Je n'étais pas calculateur alors, je ne polissais ni mes mots ni mes émotions. Je n'ai jamais couché avec elle, je n'en avais même pas le désir, je savais le danger que cela représentait pour ma carrière. Je pensais photographie. La rencontre d'un jeune qui monte et d'une star qui décline, dites-vous. Pourquoi ? Deux ans passèrent. J'ai continué mes reportages, rois et reines, criminels, les funérailles de Clark GABLE pour "Paris Match". Tout le monde en Amérique rendait Marilyn coupable de sa mort, survenue juste après le tournage éprouvant de "The Misfits", de John HUSTON, dans le désert du Nevada. J'étais plus roué, plus au fait du business, de l'intérêt d'une exclusivité pour moi comme pour les studios qui faisaient mousser un film avec une bonne couverture. Marilyn est désormais une personne à problèmes quand je la rejoins en 1962 sur le plateau de "Something's Got to Give" pour "Paris Match". Ses retards sont grandissants. Marilyn est de plus en plus inquiète, de moins en moins productive au regard des studios. Elle veut me voir avant les photos de plateau. Je vais chez elle à Brentwood. Elle me dit : «Pour la scène de la piscine... Et si j'entrais dans l'eau avec un maillot... Et si j'en sortais sans rien ?» Elle m'explique pourquoi elle veut prendre ce risque : «Les studios ne m'aiment pas, ne pensent pas que je suis une bonne actrice, je suis payée 100.000 $ pour ce film et Liz TAYLOR est payée un million de dollars pour "Cléopâtre" !». Sa seule condition : que Liz TAYLOR ne figure pas dans le même magazine qu'elle, nue et en couleurs. ("Tout Marilyn". Lawrence SCHILLER. "Marilyn & Me : A Memoir in Words and Photographs", Taschen (édition Collector, 750 €). Petit recueil de ses Mémoires de photographe chez Doubleday (20 $). - Marilyn-MONROE rare & candid
1962 / "MARILYN AND ME", LAWRENCE SCHILLER / En posant nue dans la piscine de "Something's Got to Give" , son dernier film inachevé, la star platine rendit célèbre le jeune Larry SCHILLER. Rencontre et souvenirs à l'occasion de l'anniversaire de sa mort, le 5 août 1962. Photographe, cinéaste, producteur, écrivain, conteur de la mémoire du cinéma, Larry SCHILLER est aujourd'hui un vieux pro de Hollywood. Cet homme rond, assuré et très direct, parle sans les embellir de ses deux rencontres succes